Comment le Saint-Siège apporte l’Évangile aux Nations Unies

GENÈVE — Le Saint-Siège est peut-être le plus petit État souverain du monde, mais sa mission dépasse largement les murs du Vatican.

Par sa participation aux organisations internationales telles que les Nations Unies, le Saint-Siège fait entendre la voix de l’Église dans les débats mondiaux sur la paix, les droits humains et les questions sociales. Au cœur de cette mission à Genève se trouve l’archevêque Ettore Balestrero, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies.

Si beaucoup associent principalement le Saint-Siège à la basilique Saint-Pierre, l’archevêque Balestrero affirme que la mission de l’Église a toujours été bien plus large.

L’Église catholique et l’ONU

« Le cœur de la mission de l’Église est le monde »

Pour l’archevêque Balestrero, servir aux Nations Unies rappelle que la mission de l’Église ne se limite pas au Vatican.

« Eh bien, s’ils viennent au Vatican, ils ne me verront pas car je suis à Genève. C’est donc une preuve que ce n’est pas simplement à l’intérieur du Vatican. »

« Le Saint-Siège est appelé à évangéliser et à être missionnaire dans le monde entier et dans tous les forums. Le cœur de la mission de l’Église n’est pas l’organisation internationale. C’est le monde, et c’est là où sont les gens. »

Le rôle unique du Saint-Siège aux Nations Unies

Contrairement aux États membres, le Saint-Siège participe aux Nations Unies en tant qu’Observateur permanent, un rôle que l’archevêque Balestrero estime particulièrement adapté à sa mission universelle.

« Le Saint-Siège prend part aux débats, le Saint-Siège participe aux conférences générales, le Saint-Siège peut bien sûr participer à toutes les négociations, soumettre éventuellement des amendements ou même présenter des résolutions dans le cas où elles concernent le Saint-Siège. »

« Et je pense que le statut d’observateur permanent est le plus approprié pour le Saint-Siège, car le Saint-Siège est un État, mais c’est un État universel, et il ne correspond pas à la nature religieuse et universelle du Saint-Siège de prendre position sur une question strictement politique. »

Il a souligné qu’il existe des occasions où le Saint-Siège ne peut pas soutenir certains documents internationaux.

« Ensuite, il faut aussi dire qu’il y a parfois la nécessité d’adopter certains documents auxquels nous, en tant que Saint-Siège, donc en tant qu’Église catholique, nous émettons des objections parce que leur vision anthropologique n’est pas celle que nous partageons. »

Une voix cohérente pour la paix et la dignité humaine

Selon l’archevêque Balestrero, l’une des plus grandes préoccupations du Saint-Siège aujourd’hui est le nombre croissant de conflits armés dans le monde.

« Les tensions et conflits malheureusement présents dans le monde augmentent. Ils disent qu’il y a environ 65 conflits partout dans le monde. »

« Cela signifie que pour le Saint-Siège, il est très important de ne pas relâcher ses efforts pour promouvoir la paix et rappeler à l’humanité que la paix est possible et même nécessaire. »

Il a également insisté sur le fait que promouvoir le respect du droit international et défendre la dignité humaine restent au centre du travail diplomatique du Saint-Siège.

« Je pense que c’est aussi d’une certaine manière une mission du Saint-Siège que de promouvoir le respect du droit international, de travailler pour le respect, bien sûr, de la dignité humaine, qui est souvent aujourd’hui remise en question, notamment dans le domaine des droits humains. »

Parce que le Saint-Siège ne poursuit pas d’intérêts politiques, a-t-il dit, son message reste cohérent au fil du temps.

« Une particularité du Saint-Siège est le fait qu’il n’a pas… nous n’avons pas d’intérêts politiques. Ainsi, notre position est constante et cohérente. »

« Donc, nous ne changeons pas nos positions avec le temps ni avec les changements de papes. Nous essayons simplement de mettre en œuvre l’Évangile, de l’appliquer, de le vivre et de le prêcher dans un langage cohérent avec celui de la communauté internationale. »

Faire entendre la voix de l’Église dans les négociations mondiales

La participation du Saint-Siège aux Nations Unies va au-delà des discours et conférences, avec une implication active dans les négociations internationales.

« Nous participons, par exemple, à des négociations. Il y a actuellement des négociations en cours concernant les « LAWS » : les systèmes d’armes autonomes létaux. »

« L’objectif est d’essayer d’atteindre un consensus pour éviter que les décisions ultimes sur la vie humaine soient prises par un algorithme, ce qui est absolument inacceptable sur le plan moral et éthique. »

L’archevêque Balestrero a aussi souligné les efforts du Saint-Siège pour défendre les communautés religieuses affectées par les conflits.

« Ces dernières années, un certain nombre de lieux de culte ont été vandalisés, notamment dans le contexte de conflits. »

« Et même d’autres communautés religieuses ont demandé au Saint-Siège d’intervenir et de faire avancer ce problème, qui constitue une violation directe de l’humanité et des principes du droit humanitaire. »

« Je suis là en tant que prêtre »

En revenant sur le discours récent du pape Léon XIV à l’Académie pontificale ecclésiastique, dans lequel le Souverain Pontife a dit que la mission des diplomates pontificaux « naît de l’Évangile », l’archevêque Balestrero a expliqué que la diplomatie n’a jamais remplacé sa vocation sacerdotale.

« Quand j’ai commencé à suivre Jésus comme prêtre, je ne pensais pas devenir diplomate. Je pensais suivre Jésus comme pasteur. »

« Donc, Il est la raison de ma vie. Et si je ne pouvais pas être prêtre et vivre comme prêtre, je n’irais pas à l’ONU. »

Pour lui, servir aux Nations Unies reste une extension de son ministère pastoral.

« Donc, je suis là en tant que prêtre qui essaie d’évangéliser et d’atteindre toutes les personnes qui sont d’une certaine façon ma paroisse ou mon diocèse. »

« …et ensuite c’est une occasion, je dirais, pour que l’Évangile soit présenté dans un lieu et un contexte qui en ont grandement besoin, et où autrement personne d’autre ne serait présent. »

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