ABUJA, Nigéria - Dans un réquisitoire virulent contre la “vague incessante d'assassinats et d'enlèvements” qui s'est emparée de la nation, le Secrétariat catholique du Nigéria (CSN) a lancé un profond appel à la justice, avertissant que le pays est en train de se transformer en un “champ de douleur”. La déclaration, publiée le 7 février 2026 par le siège administratif de la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN), souligne l'aggravation de la crise morale et sécuritaire qui menace les fondements mêmes de l'État ouest-africain.
Le secrétaire général du CSN, le père Michael Banjo, et le directeur national des communications sociales, le père Michael Nsikak Umoh, ont exprimé leur “profonde indignation et leur tristesse face à l'attaque permanente contre la vie et la dignité humaines”. Leur message, intitulé “Le cri des innocents : Arrêtez cet abattoir au Nigeria”, reflète la lassitude d'une population qui a reçu pendant des années des “condoléances vides” en lieu et place d'une sécurité concrète.
Un massacre autorisé par le silence
Les responsables catholiques ont mis en lumière une série d'atrocités récentes qui ont choqué la conscience de la nation et brossé le sombre tableau d'un pays en état de siège. Ces événements soulignent une tendance plus large et profondément inquiétante : Le Nigeria représente 70% de tous les chrétiens tués pour leur foi dans le monde, selon la Liste de surveillance mondiale 2025 de Portes Ouvertes. Entre la fin janvier et le début février 2026, une série d'attaques brutales a eu lieu au Nigéria. Le 3 février, un assaut coordonné par des militants présumés de Boko Haram ou des religieux intransigeants dans les villages de Woro et Nuku, dans l'État de Kwara, a entraîné le massacre d'au moins 170 civils innocents. Des témoins oculaires ont rapporté que des hommes armés avaient rassemblé des habitants, leur avaient lié les mains et les avaient abattus, avant d'incendier des maisons et des magasins. Cet événement horrible a été suivi par des atrocités similaires, notamment le meurtre d'au moins 21 personnes dans l'État de Katsina le même jour, où des hommes armés se sont déplacés de maison en maison pour exécuter les victimes. En outre, des meurtres et des enlèvements répétés ont touché Agwara et Tungan Gero dans l'État du Niger, les communautés agricoles de Katsina et de Kaduna ont été dévastées, et la violence s'est poursuivie sans relâche à Borno. Quelques jours plus tard, le 7 février, un prêtre catholique et dix autres personnes ont été enlevés et trois personnes tuées lors d'une attaque contre la paroisse de la Sainte-Trinité dans le diocèse de Kafanchan, dans l'État de Kaduna.
“Il ne s'agit pas d'une ‘instabilité’ mais d'un massacre autorisé par le silence et d'une trahison du droit de chaque Nigérian à vivre en paix”, ont déclaré les responsables du CSN. Ils ont rappelé à la classe politique que la Constitution est un “pacte contraignant avec le peuple” et qu'un gouvernement qui ne protège pas ses citoyens risque de perdre son “autorité morale de diriger”.”
Un appel à l'action stratégique
Le CSN a renouvelé son appel au gouvernement fédéral pour qu'il révise d'urgence sa stratégie de sécurité. Ses demandes sont claires et sans compromis, faisant écho à un plaidoyer constant de l'Église pour une gouvernance efficace et la protection de ses citoyens :
- Redéploiement stratégique : Les forces de sécurité doivent être déplacées des “centres de presse cérémoniels” vers les lignes de front où les communautés sont assiégées, afin d'assurer une présence visible et efficace là où elle est le plus nécessaire.
- Mettre fin à l'impunité : Les autorités doivent identifier, dénoncer et poursuivre les commanditaires et les complices de la terreur. “L'impunité n'est rien d'autre qu'une autorisation de poursuivre l'effusion de sang”, prévient la déclaration, soulignant que la justice est une condition préalable à la paix.
- Soutien aux victimes : Le gouvernement doit fournir une aide d'urgence, des soins psychosociaux et des compensations aux familles des victimes, tout en reconstruisant les communautés détruites pour restaurer la dignité des autochtones. Cette approche holistique reconnaît le profond traumatisme infligé par ces violences.
Le 8 février 2026, à la suite des attentats, le pape Léon XIV a lui-même condamné les violences en cours au Nigeria, appelant à mettre fin à l'effusion de sang. Cette intervention papale souligne la préoccupation mondiale pour le sort des Nigérians et le besoin urgent d'une résolution de la crise.
Les prêtres catholiques ont également rappelé les obligations internationales du Nigeria en tant que signataire de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, qui affirment toutes deux que le droit à la vie est ’fondamental et non négociable“.”
Solidarité
“Le Nigeria se trouve à la croisée des chemins. Nous ne pouvons pas laisser les charniers définir notre histoire nationale”, ont déploré les responsables. Ils ont lancé un appel à tous les dirigeants - politiques, religieux et communautaires - pour qu'ils dépassent les divisions et travaillent ensemble au rétablissement de la paix. Ils ont adressé au peuple nigérian un message de solidarité, l'exhortant à rejeter la haine et la violence.
En tant que peuple de foi, le CSN confie la nation à la miséricorde de Dieu, priant pour la guérison, la justice et la réconciliation. Le sang des innocents doit inciter la nation à agir avec sincérité, courage et compassion.
Une résolution spirituelle pour une nation en crise
En ces moments de profonde souffrance et d'injustice, l'Église appelle tous les fidèles à un engagement spirituel plus profond. Nous sommes invités à chercher réconfort et force dans le sacrement de la confession, où la miséricorde curative de Dieu peut consoler nos cœurs troublés. Prenons le temps de l'adoration eucharistique, en portant nos prières et nos demandes devant le Saint-Sacrement, véritable présence du Christ, qui a souffert pour nous. Le Saint Rosaire offre un puissant moyen d'intercession, unissant nos prières à celles de la Sainte Mère pour la paix et la justice au Nigeria. En participant activement à la Sainte Messe et en recevant l'Eucharistie, nous sommes fortifiés par le Corps et le Sang du Christ, devenant ainsi des instruments de sa paix. Enfin, plongeons-nous dans les Saintes Écritures, trouvant dans la Parole de Dieu la promesse durable de l'espérance et l'appel à être des artisans de paix.
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