Le Potentiel Silencieux de l’‘Examen’ Quotidien

COMMENTAIRE : L’exercice de trois à cinq minutes peut changer la vie.

Il y a quelque chose à la fois libérateur et désorientant dans l’été. L’année scolaire me porte. Ce n’est pas toujours élégant, mais la structure est là : les matinées précoces, le covoiturage, le rythme qui me dit où j’en suis dans la journée.

Quand l’été arrive et que ce rythme s’arrête, je ne me sens pas tant libéré que désorienté. Un emploi du temps flexible, il s’avère, n’est pas un emploi du temps plus vaste. C’est souvent juste un autre type de chaos.

Peut-être connaissez-vous ce sentiment.

Mais voici ce que j’en suis venu à croire : le moment où notre routine se fissure est en réalité le meilleur moment pour y planter quelque chose de nouveau. Et cet été, je veux suggérer une petite pratique ancienne et véritablement transformatrice qui peut changer la forme de votre vie intérieure si vous la laissez faire. Ça s’appelle l’examen de conscience. La tradition catholique l’appelle le examen. Cela prend trois à cinq minutes avant d’aller dormir. Et ça a une manière de tout changer silencieusement.

Les Pères du désert le pratiquaient. Saint Augustin le pratiquait. Saint Ignace de Loyola l’a placé au centre de ses Exercices spirituels. Saint Josémaria Escrivá y revenait encore et encore comme essentiel pour quiconque cherche Dieu dans la vie ordinaire. Ses racines remontent jusqu’aux Psaumes :

“Je pense à toi sur mon lit, je me souviens de toi durant les veilles de la nuit” (63:7).

Et, au dernier jour de 2025, le pape Léon XIV se tenait devant les pèlerins place Saint-Pierre et recommandait cette même pratique à toute l’Église, invitant les catholiques à réfléchir sur l’action de Dieu durant l’année écoulée, à évaluer comment ils avaient répondu à ses dons, et à demander pardon pour les fois où ils avaient failli.

Quand quelque chose a été recommandé, à travers les siècles par autant de saints et maintenant par un nouveau pape, la réponse raisonnable est probablement simplement de l’essayer.

Laissez-moi d’abord clarifier quelque chose. L’examen de conscience n’est pas une salle d’audience. Ce n’est pas un catalogue anxieux d’échecs suivi de découragement. Ce n’est pas de la scrupulosité.

La Première Lettre de Jean nous donne le ton juste :

“en quoi que nos cœurs nous condamnent, car Dieu est plus grand que nos cœurs et connaît tout” (3:20).

Dieu nous voit dans notre totalité. Nous venons à l’examen non pour être poursuivis, mais pour être vus et aimés avec honnêteté.

Voici à quoi ressemble réellement la pratique :

Vous commencez par reconnaître que Dieu est présent. Trente secondes. Un simple “Viens, Esprit Saint, permets-moi de voir ma journée comme tu la vois.” C’est ce qui fait que l’examen est une prière plutôt qu’un simple journal intime, car vous ne faites pas la vue vous-même. Vous demandez la lumière.

Puis, avant de chercher les manquements, vous cherchez les dons. Qu’est-ce qui fut bon aujourd’hui ? Nommez trois choses. Une conversation qui vous a surpris par sa chaleur. Un moment de patience que vous ne saviez pas avoir. Un enfant qui vous a fait rire.

L’invitation de fin d’année du pape Léon avait exactement cette forme de remarquer ce que Dieu a fait avant que vous ne tourniez à votre propre réponse. Cet ordre a son importance. Il vous rappelle, avant d’examiner quoi que ce soit d’autre, que vous vous tenez devant Quelqu’un qui a déjà été généreux avec vous aujourd’hui.

Ensuite, redécendez doucement la journée. Ai-je été patient ? Ai-je bien écouté ? Ai-je même jeté un coup d’œil à Dieu, ou ai-je traversé la journée du matin au soir sans penser à lui ? Voyez-le honnêtement, mais sans drame.

Puis : un bref acte de contrition et une petite résolution concrète pour demain. Pas “Je serai une meilleure personne.” C’est trop vague pour agir. Quelque chose de précis comme “Quand je sentirai l’impatience monter avec les enfants demain matin, je prendrai une pause avant de parler.” La résolution est ce qui empêche l’examen d’être une simple émotion et en fait une véritable formation.

Et enfin, vous confiez la journée à Notre-Dame et vous fermez les yeux.

Trois à cinq minutes. C’est tout.

L’été est le moment idéal pour commencer justement parce que la rupture de la routine crée une véritable ouverture. Quand nos journées sont scriptées à la minute près, ajouter une nouvelle pratique de piété peut sembler demander de démonter quelque chose d’autre. Mais quand la structure est déjà lâche, il y a de la place pour construire. L’examen peut se glisser dans n’importe quelle ouverture — comme après que les enfants plus jeunes sont couchés, durant le dernier calme du soir, même dans une voiture après avoir déposé quelqu’un. Il ne nécessite que quelques minutes de calme intentionnel et un cœur honnête.

Commencez ce soir. Reconnaissez que Dieu est présent. Comptez trois choses d’aujourd’hui pour lesquelles vous êtes reconnaissant. Parcourez honnêtement la journée. Dites que vous êtes désolé pour ce qui n’a pas été à la hauteur. Nommez une chose que vous ferez différemment demain. Mettez-vous entre les mains de Notre-Dame et fermez les yeux.

Refaites-le demain soir. Et le soir d’après.

La vie chrétienne est un rythme quotidien de chute et de recommencement. Dieu n’est pas lassé par ce rythme. Il est prêt à nous rencontrer dans ce rythme avec la même miséricorde qu’il avait la veille. L’examen de conscience est la petite charnière qui rend possible le recommencement.

L’été a peut-être bousculé votre routine. C’est bien. Profitez de l’ouverture qu’il a créée.

Cet article a été publié à l’origine par le National Catholic Register.

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