ÉTAT DE LA CITE DU VATICAN — La Sainte-Siège peut être le plus petit État souverain du monde, mais elle maintient l’un des réseaux diplomatiques les plus anciens et les plus étendus au monde.
Avec des relations diplomatiques s’étendant à plus de 180 États souverains, à l’Union européenne et à 184 nonciatures apostoliques dans le monde, la Sainte-Siège travaille à renforcer les relations entre l’Église et les nations tout en promouvant la paix et le dialogue.
Une mission véritablement mondiale
Selon Francis X. Rocca, analyste principal pour le Vatican à EWTN, la portée diplomatique de la Sainte-Siège dépasse largement ses ambassades officielles.
« La Sainte-Siège possède un réseau diplomatique immense. Elle entretient des relations avec plus de 180 États souverains et avec l’Union européenne. »
« Elle dispose de ces nonces, ces envoyés partout dans le monde. Mais au-delà de cela, elle possède un réseau capillaire à travers les évêques, les pasteurs, les religieuses et les laïcs catholiques partout dans le monde. »
« Et elle a une conscience mondiale véritablement informée parce que l’Église catholique est présente pratiquement partout. »
Le Secrétariat d’État du Vatican coordonne cette mission diplomatique mondiale depuis le cœur de la Cité du Vatican.
Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, affirme que la diplomatie de la Sainte-Siège est étroitement liée aux appels constants du Pape pour la paix.
« Quand nous entendons le Saint-Père parler, il lance toujours un appel à la paix, à une solution pacifique des conflits partout. Et le Secrétariat d’État ainsi que la diplomatie de la Sainte-Siège essaient de mettre cet appel en action. »
La mission d’un nonce apostolique
L’archevêque Georg Gänswein connaît bien cette mission.
Après avoir été secrétaire privé du pape Benoît XVI pendant 21 ans puis préfet de la Maison pontificale sous le pape François, il a été nommé nonce apostolique en Lituanie, en Estonie et en Lettonie en 2024.
Il décrit la diplomatie du Vatican comme l’une des plus grandes forces de l’Église.
« La diplomatie du Vatican est l’une des plus anciennes au monde. Et ce n’est pas seulement le vin qui bénéficie de l’âge. Il en va de même pour la richesse d’expérience qui en découle. »
En tant que représentant du pape auprès des États baltes, l’archevêque Gänswein sert de pont essentiel entre la Sainte-Siège, l’Église locale et les autorités civiles.
« Un exemple simple, quand un chef d’État est prévu pour visiter le Vatican, le nonce apostolique est sollicité pour une évaluation. Quelle est la situation dans le pays ? Quelles sont les relations entre l’Église et l’État ? Quel est l’état d’esprit parmi le clergé, et ainsi de suite. »
« Le même processus a lieu du côté gouvernemental. Cet échange d’informations et de points de vue est extrêmement important. »
Écouter avant de parler
Interrogé sur les qualités qui définissent un diplomate vaticanien efficace, l’archevêque Gänswein a souligné la discrétion et l’écoute attentive.
« Tout d’abord, un diplomate du Vatican ne parle pas beaucoup en public. »
« Aussi, il doit garder tous ses sens ouverts, observer, écouter et évaluer attentivement la situation. Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui importe le plus ? Où puis-je, en tant que nonce, contribuer et où dois-je intervenir ? »
« C’est pourquoi il est important pour un nonce d’être accessible et disposé à écouter. Il doit accueillir idées et inquiétudes tout en reconnaissant où des problèmes doivent être abordés et résolus. »
Au service du Saint-Père
L’évêque Fredrik Hansen d’Oslo a suivi un chemin inattendu pour entrer dans le service diplomatique de la Sainte-Siège.
Élevé protestant, il est ensuite devenu prêtre catholique avant de rejoindre le corps diplomatique du Vatican.
« J’avais également envisagé un service diplomatique pour la Norvège quand j’entrais à l’université… par la providence de Dieu, j’ai finalement intégré le corps diplomatique de la Sainte-Siège. »
Ses missions diplomatiques l’ont mené du Honduras aux missions de la Sainte-Siège aux Nations unies à Vienne puis à New York.
« J’ai trouvé cela très intéressant, très enrichissant et stimulant. J’étais d’abord à la nonciature au Honduras en Amérique centrale, ce qui consiste principalement à être le lien entre la Sainte-Siège, le siège apostolique, le Vatican et l’Église locale. Puis j’ai passé plus de six ans en diplomatie multilatérale… d’abord à Vienne en Autriche puis à New York au siège des Nations unies. »
« C’était donc un type de travail diplomatique complètement différent. Participer à des réunions, préparer des discours pour le nonce. »
Une voix morale unique
Alors que les conflits perdurent dans le monde, la Sainte-Siège s’appuie sur son réseau diplomatique pour promouvoir la paix et le dialogue.
Francis X. Rocca estime que le Pape occupe une place unique parmi les dirigeants mondiaux.
« Le Pape est apparu comme une figure religieuse éminente dans le monde. Il ne parle évidemment pas pour tout le monde, mais il n’y a pas d’autre leader religieux comme le Pape. Et donc en un sens, pour beaucoup de gens, il est le représentant de la religion organisée. Cela lui confère une sorte d’autorité morale et de crédibilité globale. »
L’archevêque Gänswein affirme que même ceux éloignés de l’Église reconnaissent la valeur de sa voix.
« Et même beaucoup de parlementaires qui préfèrent garder leurs distances avec l’Église reconnaissent qu’une institution aussi grande et aussi ancienne que l’Église a encore une voix importante. Ils comprennent qu’elle est sage à écouter. »
Adapté par Jacob Stein.




