Qu’est-ce que la FSSPX ? Un regard sur le groupe catholique traditionaliste en schisme avec l’Église

La Société de Saint-Pie X (FSSPX) est un groupe traditionaliste qui n’est pas en pleine communion avec l’Église catholique et possède un statut canonique irrégulier.

Un jour après que la Société de Saint-Pie X (FSSPX) a consacré quatre évêques sans la permission du pape Léon XIV, le Vatican a publié un décret déclarant que les évêques impliqués dans les consécrations avaient encouru l’excommunication automatique et que le groupe était en schisme.

Dans un geste défiant et malgré des demandes répétées de Rome de ne pas poursuivre, la FSSPX a procédé le 1er juillet à la consécration de quatre nouveaux évêques sans mandat pontifical — un acte de désobéissance ouverte à l’autorité du pape qui, selon le droit canonique, entraîne l’excommunication automatique pour les six évêques impliqués.

La FSSPX est une fraternité controversée de prêtres connue pour leur stricte célébration traditionnelle de la messe latine et leur opposition aux réformes du Concile Vatican II.

Le principe moteur du groupe est « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien d’autre » , affirme la FSSPX sur son site internet. Le groupe a été fondé en 1970 par l’archevêque Marcel Lefebvre, un prélat français qui était un critique virulent de nombreuses évolutions introduites par Vatican II.

Outre les révisions modernes de la messe, Lefebvre s’opposait également à « l’œcuménisme — une conception qui considérait toutes les religions comme bénéfiques et légitimes — et à la collégialité — qui insistait pour que l’Église soit principalement gouvernée par un processus démocratique et les conférences épiscopales », selon le site du groupe.

Le groupe administre des prieurés, des chapelles, des missions dans le monde entier ainsi que des séminaires. Il compte plusieurs centaines de prêtres et quelques centaines de séminaristes.

Le moment le plus controversé du groupe remonte sans doute à 1988 lorsque Lefebvre consacra quatre évêques à Écône, en Suisse, en défi explicite au pape Jean-Paul II. En l’espace de quelques heures, le Vatican déclara que Lefebvre et les quatre évêques avaient encouru l’excommunication.

Dans son motu proprio Ecclesia Dei, Jean-Paul II soutenait qu’il était « impossible de rester fidèle à la tradition tout en rompant le lien ecclésial avec celui à qui, dans la personne de l’apôtre Pierre, le Christ lui-même a confié le ministère de l’unité dans son Église ».

Le pape Benoît XVI a levé cette excommunication en 2009, bien qu’il ait expliqué dans une lettre que la FSSPX n’a pas de statut canonique et que, par conséquent, « ses ministres n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église ».

Le pape François a ensuite élargi les privilèges du groupe, ordonnant lors du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde 2015-2016 que les confessions entendues par les prêtres de la FSSPX soient valides ; il a par la suite étendu cet ordre indéfiniment.

En 2017, de plus, il a approuvé un dispositif permettant aux prêtres du groupe de célébrer valablement des mariages, donnant aux évêques diocésains ou à d’autres ordonnateurs locaux la capacité d’autoriser de telles décisions.

Avant les consécrations schismatiques du 1er juillet, le pape Léon XIV a adressé un dernier appel à la société afin qu’elle ne procède pas à la cérémonie.

Le Saint-Père exhortait le groupe à « considérer attentivement le bien spirituel des fidèles », car cet acte schismatique « les priverait de la réception licite et, dans certains cas, même valide des sacrements, que ces derniers aiment et recherchent pour leur sanctification ».

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, de son côté, a publié le 2 juillet des directives aux évêques du monde entier pour accueillir les anciens adhérents à la FSSPX après cet acte schismatique.

Un prêtre quittant la fraternité doit trouver un évêque diocésain ou un supérieur majeur disposé à le recevoir, après quoi il doit « écrire à la main une lettre au Saint-Père » demandant la levée de l’excommunication.

Le prêtre doit également fournir son certificat d’ordination et faire à la fois une profession de foi et une formule d’adhésion.

Le dicastère procèdera à la levée de la sanction « dès réception des documents », après quoi le prêtre, sous la responsabilité de l’évêque qui l’a reçu, sera soumis à une période probatoire « d’au moins un an et au plus trois. »

Les sanctions à l’égard des fidèles laïcs, quant à elles, « ne peuvent être présumées automatiquement mais doivent être appréciées au cas par cas ».

Bien qu’historiquement les fidèles n’aient pas été strictement interdits d’assister aux messes de la FSSPX, les responsables de l’Église ont à plusieurs occasions averti les catholiques de ne le faire qu’en cas de circonstances graves.

« Les messes qu’ils [la FSSPX] célèbrent sont aussi valides, mais il est considéré comme moralement illicite pour les fidèles d’y participer à moins qu’ils ne soient empêchés physiquement ou moralement de participer à une messe célébrée par un prêtre catholique en règle », affirmait en 1995 monseigneur Camille Perl, alors secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, dans un entretien.

Une lettre de 1998 de monseigneur Perl constatait que la « mentalité schismatique » de la FSSPX avait conduit la commission pontificale à « déconseiller constamment aux fidèles d’assister aux messes célébrées sous l’égide de la Société de Saint-Pie X ».

Cet article a été initialement publié par EWTN News English.

Share

Would you like to receive the latest updates on the Pope and the Vatican

Receive articles and updates from our EWTN Newsletter.

More news related to this article

Subscribe to our Newsletter